Couverture du livre De mémoire de femme

De mémoire de femme

Éditeur
Les Éditions L'Interligne

Catégorie
Suggestions franco-ontariennes

«Sans doute faut-il, pour désigner De mémoire de femme, faire appel à la notion d'autofiction. Certes, le roman ne répond pas à la définition première du terme forgé par Serge Doubrovsky. Il ne s'agit pas d'un récit dont l'auteur, le narrateur et le protagoniste partagent la même identité nominale et dont l'identité générique indique qu'il s'agit d'un roman. Pour les théoriciens de l'autofiction, cela suffirait en soi pour exclure ce roman de cette catégorie. Toutefois, le jeu entre Grimm et Andersen tient plus de l'odre du pseudonyme que de l'invention, ce qui pose la question du genre sous un nouvel angle. En fait, ce qu'on a dans De mémoire de femme est la fictionnalisation de l'expérience vécue. Aussi, Marguerite Andersen pourrait sans doute reprendre l'affirmation d'Annie Ernaux: "C'est moi et ce n'est pas moi." L'écriture transforme la vie: la vie qui sert de matériel à l'écriture, mais aussi la vie de celle qui écrit. Sans doute pour cette raison, ce n'est pas chez les morts que nous " pourrons rencontrer de personnes semblables aux personnages". Entre Marguerite et Anne, par exemple, un écart infranchissable s'est creusé par et dans l'acte d'écrire. Mourir à soi-même pour être enfin soi; voilà ce qui résume le mieux la quête scripturaire d'Anne Grimm dans De mémoire de femme.»