Couverture du livre L'Affaire Myosotis

L'Affaire Myosotis

Éditeur
Les Éditions Québec Amérique

Catégorie
En vedette En vacances

Mohammed Hanyeh était l’un des seuls policiers de carrière de tout le territoire de Gaza. Après le coup d’État du Hamas quelques années auparavant, les policiers de l’Autorité palestinienne étaient rentrés chez eux, et il était resté, quasiment seul, pour réorganiser un service de police digne de ce nom à partir des barbus sans expérience ni formation que le nouveau gouvernement avait mobilisés pour constituer la nouvelle Force. Mustafa revint avec l’appareil-photo et entreprit de fixer les images de la scène telle qu’on l’avait découverte. Lorsqu’il en eut terminé, les deux policiers retournèrent le corps. Les yeux étaient exorbités, la bouche, ouverte, et la barbe blanche imbibée de sang coagulé. Une série de balles lui avaient perforé la cage thoracique et un déluge de sang avait inondé sa chemise. Malgré cette violence, la cravate rouge de l’homme était encore bien ajustée. Il était mort sans se débattre. — Ajnabi, murmura l’inspecteur. Un étranger. Demandez la liste de tous les étrangers qui se trouvent en ce moment sur le territoire. Le policier évalua rapidement la situation. Un étranger assassiné à Gaza allait entraîner un enchaînement quasi inévitable de conséquences. Les autorités politiques seraient forcément informées du meurtre d’un Occidental dans les prochaines minutes. Quel que soit son auteur (ou ses auteurs), le régime en place aurait tôt fait de vouloir l’attribuer à une faction politique rivale. Avec l’aide d’Allah, une justice vengeresse s’abattrait alors rapidement sur ces criminels désignés et l’affaire serait classée. Mais un meurtre était un meurtre, et Mohammed Hanyeh était un policier. Ce cadavre appartenait à son groupe d’enquête criminelle et il n’entendait pas se laisser dicter des conclusions hâtives. Une rude partie s’annonçait.